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Editorial
vendredi 26 février 2010

Du vert foncé qui rend pâle

L’écologie est devenue politiquement correcte et n’est plus l’attribut de la gauche ou de l’extrême gauche. Et c’est tant mieux pour l’environnement. Du coup, les écologistes ressentent le besoin de pousser le bouchon toujours plus loin, quitte à friser l’intégrisme en devenant des « prêcheurs de l’apocalypse ». Le concept si riche de promesses du développement durable semble de plus en plus remis en cause par le lobby de la « deep ecology » puisqu’on parle de moins en moins de la dimension économique et humaine du développement.

Mais en noircissant toujours plus le paysage, en demandant toujours plus d’interdictions, en utilisant sans modération le principe de précaution, le lobby vert foncé ne risque-t-il pas d’entraîner des réactions inverses de la part de la population qui s’inquiète de la crise économique, mais aussi de la part des chefs d’entreprises, des artisans et, de manière générale, de tous les acteurs économiques qui se battent pour survivre à court terme sur leurs marchés ?

On ressent en effet çà et là des signaux plus ou moins faibles qui démontrent un certain « ras le bol » de l’opinion publique pour le « tout vert » et le catastrophisme écologique. Le dernier film noir de Hulot a été un four. Copenhague a été un échec. Le GIEC est de plus en plus critiqué. Claude Allègre parle d’imposture climatique.

Le monde agricole lui-même ne va-t-il pas être tenté de revendiquer un moratoire sur les contraintes environnementales alors qu’il subit une crise de revenus très grave ? Les agriculteurs ont pourtant compris tout l’intérêt de l’ouverture de l’agriculture vers le développement durable. Il ne faudrait pas qu’ils reviennent en arrière et se referment. Encore faudrait-il ne pas oublier la nécessité de la compétitivité des entreprises agricoles pour obtenir un revenu durable. Espérons que c’est aussi l’enjeu de la nouvelle loi de modernisation.

Gil KRESSMANN, administrateur de la SAF-agriculteurs de France


Les réactions à cet article
gd12       Posté le 26/02/2010 à 19h15      
encore une fois , je suis vraiment navré que les agriculteurs soient a la remorque des illuminés de l´écologie , que ce soient les altermondialistes qui utilisent l´ecologie pour remettre en cause l´economie de marché et un mode de societe ou les politiques qui se raccrochent a ce qui est electoralement porteur.Les organisations agricoles ont ete absentes mediatiquement de toutes les grandes crises agricoles ( vache folle , grippe aviaire ...)et ce sont des Bové et autres bobos ecolos qui ont parle a la place des agriculteurs ; La nullite de la FNSEA porte la plus lourde responsabilite car elle a ete incapable de defendre intelligemment l´agriculture francaise ; J´ai honte pour la profession de voir que les paysans sont representes par tres peu par M Lematayer ( toujours nul ) et beaucoup par les barbus de la confederation paysanne qui font le bonheur des medias ; Avant de parler d´ouverture , de discussion , il faut d´abord etre capable de d´affirmer avec force ce qu´est l´agriculture

Garrigues       Posté le 06/03/2010 à 21h14      garrigues@iegre.net
Bravo, M. Kressmann, vous dites exactement ce qu´il fallait dire. Nous sommes en présence d´un retour à une meilleure raison sur ces sujets, enfin ! Notre Institut n´est pas peu fier d´y avoir contribué, comme vous le constaterez sur notre site www.iegre.net Nous procédons actuellement à l´évaluation de l´étude d´impact qui accompagne le projet de loi "modernisation de l´agriculture", et nous aurons beaucoup de choses à en dire A votre disposition à ce sujet Bien cordialement


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